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erato
isabelle 399660417
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âme sombre

Jun 11th 2009, 06:13 PM 0 raters


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ARAGON, extrait du Roman Inachevé,

Je traîne après moi trop d'échecs et de mécomptes
J'ai la méchanceté d'un homme qui se noie
Toute l'amertume de la mer me remonte
Il me faut me prouver toujours je ne sais quoi
Et tant pis qui j'écrase et tant pis qui je broie
Il me faut prendre ma revanche sur la honte

Ne puis-je donner de la douleur Tourmenter
N'ai-je pas à mon tour le droit d'être féroce
N'ai-je pas à mon tour droit à la cruauté
Ah faire un mal pareil aux brisures de l'os
Ne puis-je avoir sur autrui ce pouvoir atroce
N'ai-je pas assez souffert assez sangloté

Je suis le prisonnier des choses interdites
Le fait qu'elles le soient me jette à leur marais
Toute ma liberté quand je vois ses limites
Tient à ce pas de plus qui la démontrerait
Et c'est comme à la guerre il faut que je sois prêt
D'aller où le défi de l'ennemi m'invite

Toute idée a besoin pour moi d'un contrepied
Je ne puis supporter les vérités admises
Je remets l'évidence elle-même en chantier
Je refuse midi quand il sonne à l'église
Et si j'entends en lui des paroles apprises
Je déchire mon coeur de mes mains sans pitié

Je ne sais plus dormir lorsque les autres dorment
Et tout ce que je pense est dans mon insomnie
Une ombre gigantesque au mur où se déforme
Le monde tel qu'il est que follement je nie
Mes rêves éveillés semblent des Saint Denis
Qui la tête à la main marchent contre la norme

Inexorablement je porte mon passé
Ce que je fus demeure à jamais mon partage
C'est comme si les mots pensés ou prononcés
Exerçaient pour toujours un pouvoir de chantage
Qui leur donne sur moi ce terrible avantage
Que je ne puisse pas de la main les chasser

Cette cage des mots il faudra que j'en sorte
Et j'ai le coeur en sang d'en chercher la sortie
Ce monde blanc et noir où donc en est la porte
Je brûle à ses barreaux mes doigts comme aux orties
Je bats avec mes poings ces murs qui m'ont menti
Des mots des mots autour de ma jeunesse morte



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thinking

Jun 9th 2009, 06:28 PM 1 raters


John William Waterhouse (April 6, 1849 – February 10, 1917) was an English Pre-Raphaelite painter most famous for his paintings of female characters from mythology and literature. He belonged to the later phase of the Pre-Raphaelite Brotherhood.



close your eyes and enjoy...



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tout le monde...

May 28th 2009, 04:00 AM 1 raters




Ophelia
Arthur Hughes, c. 1863-64

Tout le monde y pense


Tout le monde y pense,
Les hommes, les anges, les vautours,
Y a plus de distances,
Personne qui ait les bras trop courts,
Tout le monde espère,
Même à l'arrière des arrière-cours,
Tout le monde veut son billet retour,
D'amour, d'amour, d'amour, d'amour.

Son éclat de chance,
Celui qui vous brûle, vous inonde,
Mais le ciel s'en balance,
Puisqu'il y en a pas pour tout le monde,
Y a des gens plein les urgences,
Sous les lumières des abat-jour,
Qui attendent leur billet retour,
D'amour, d'amour, d'amour, d'amour, d'amour.

Ces anges qui dansent,
Sur ces pistes trempées d'alcools,
Dans ces caves immenses,
Les cheveux collés aux épaules,
S'envolent en silence,
Et s'éparpillent au petit jour,
En cherchant des billets retour,
D'amour, d'amour, d'amour, d'amour, d'amour.

Ces femmes qui s'avancent,
En tenant au bout de leurs bras,
Ces enfants qui lancent,
Des pierres vers les soldats,
C'est perdu d'avance,
Les cailloux sur des casques lourds,
Tout ça pour des billets retour,
D'amour, d'amour, d'amour, d'amour, d'amour.

Les hommes, les anges, les vautours...
Personne qui ait les bras trop courts...
Tout le monde y pense...

Francis CABREL

En apnée, donne-moi des mots pour que je respire

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au bord de la mer

May 23rd 2009, 03:32 PM 1 raters




The Bather, William Bouguereau, 1879

XXVIII
LA MER
La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du
mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de
l'insuffisance de la réalité à les satisfaire, Ceux-là qui ont besoin de repos
avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les
exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des
travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n'y demeure, rien n'y passe
qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite
évanoui ! De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses
terrestres, Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie
qu'il faut une pioche pour entamer. Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un
sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un
moment brisées; puis tout vestige s'efface, et la mer est redevenue calme
comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la
terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et
vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et
plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu'à
ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus
de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu'y étendent les nuages,
ces hameaux célestes, ces vagues ramures.
La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour
notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va
pas s'anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins
seuls quand elle brille, Elle n'est pas séparée du ciel comme la terre, est
toujours en harmonie avec ses couleurs, s'émeut de ses nuances les plus
délicates, Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui.
Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de
son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C'est le
moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu'on sent son coeur se
fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est
sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel
mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots, Elle
rafraîchit notre imagination parce qu'elle ne fait pas penser à la vie des
hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu'elle est, comme elle,
aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte
éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte
pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des
hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre coeur en
s'élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses
propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa
tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses.

Les Plaisirs et les Jours
, Proust, Septembre 1892
Ecrivain inoubliable

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JADIS

May 23rd 2009, 02:59 PM 0 raters



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solitario

May 21st 2009, 08:02 PM 1 raters


Nondum amabam, et amare amabam, quaerebam quid amarem, amans amare.-.



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missing

May 21st 2009, 10:12 AM 0 raters




expecting a precious writer, to share words about beauties of nature - 48 hours of difficulties to come, maybe missing the darkness and the star, i'll attempt however; but what a difference a day makes.. ?

Tags: TIME HAS NO AGE 

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ici et là

May 20th 2009, 05:13 AM 1 raters


ma plage

le sable qui chatouille mes pieds et la mer qui les délasse délicieusement, ma plage










la forêt... là où je suis bien


Tags: ALIVE 

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Tread softly...

May 19th 2009, 02:44 AM 1 raters


<!-- @page { margin: 2cm } TD P { margin-bottom: 0cm } P { margin-bottom: 0.21cm } A:link { so-language: zxx } -->

 Aedh wishes for the Cloths of Heaven

HAD I the heavens’ embroidered cloths,

 

Enwrought with golden and silver light,

 

The blue and the dim and the dark cloths

 

Of night and light and the half light,

 

I would spread the cloths under your feet:

         5

But I, being poor, have only my dreams;

 

I have spread my dreams under your feet;

 

Tread softly because you tread on my dreams.


- William Butler Yeats (1865-1939)
The Wind Among the Reeds, 1899, He Wishes for the Cloths of Heaven - Irish poet, playwright & mystic, leader of Irish literary revival, Nobel prize 1923.


écrivain, les mots peuvent atteindre des régions que nul ne connait, veille sur eux...



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proverbe chinois

Dec 25th 2008, 05:37 PM 0 raters


où que tu ailles, vas y de tout ton coeur

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